Les « Grands Acteurs »


Par leur action quelques uns de ces bâtisseurs ont joué un rôle déterminant dans la réussite de l’aventure :

   
Etienne Damoran (1920 - 1994)

Fils de forgeron, ordonné prêtre en 1943, réfractaire au STO (service de travail obligatoire), il entre en liaison avec le maquis de Lorette près de La Réole, il échappe plusieurs fois à la gestapo. Il revient à Bordeaux en 1945 où il est nommé vicaire au Sacré-Coeur Durant cette période, il entre en contact avec l’équipe de la Mission de France. Devenu prêtre-ouvrier il se fait embaucher comme soudeur au Chantiers de la Gironde de 1947 à 1954. Cette année là, Rome mettant un terme aux activités des prêtres-ouvriers, il rejoint la paroisse de Cestas : « Cestas est devenu mon refuge »
En 1948, Etienne est l’initiateur de cette première équipe de bâtisseurs « les Castors » il y participe jusqu’en 1950. En 1949, la forêt girondine s’embrase : plus de 80 morts, militaires, civils... Etienne est sur le terrain. Le dimanche 21 août,il dit la messe en pleurant, la figure encore noircie de fumée, dans la petite chapelle de l’Alouette, cette épreuve le marquera à vie ; il devient pompier et commandant du corps de Cestas. La paroisse son , la commune, la maison de repos de la Joncière... Etienne s’emploie de tout bord jusqu’à décès en février 1994.

En 1993, il remet le calice de Michel Favreau* « qui ne l’a pas quitté depuis 40 ans ». Il confit à tous :
« Ma fierté à moi, c¹est la solidarité de mon équipe, leur élan... Leur persévérance... nous avons gagné parce que nous étions tous ensemble ».


En 1998, à l’occasion du 50ème anniversaire de la Cité, l’Association Syndicale, présidée par Françoise Boyé, décida de donner son nom à l’espace contigu à la place Charles Dullin dit de la pépinière et où s’élevait entre 1951 et 1955 la menuiserie du COL.

* voir l’histoire de Michel Favreau dans le nom des rues.



   
Pierre Merle (1923 - 1993)..

..Le parchemin inséré en 1994 à l’intérieur du signal érigé à l’entrée de la Cité, à l’occasion de la première « Journée du Patrimoine » comporte, après le nom d ‘Etienne Damoran, « l’instigateur », les noms des 150 qui, avec leurs moyens et leurs compétences, ont contribué à la réalisation de la Cité des Castors... D’autres depuis ont continué… Beaucoup, parmi nous, évoquent le nom de Pierre Merle, se souvenant du militant Jociste du quartier St Jean. En 1942, durant l’occupation allemande, il n’avait pas 20 ans, prenant de nombreux risques, il se révélait, toujours sans grand discours, comme un entraîneur affirmé dans de nombreux domaines !
Dès la libération, il met en place une section syndicale dans son entreprise. Il est déjà partie prenante dans le Comité Ouvrier du Logement, lorsque son patron, profitant d’une absence, le licencie. Le chantier de la Cité, exige en permanence organisation et surveillance; le Conseil du COL décide d’embaucher Pierre. Il assurera cette fonction jusqu’en 1952.
En 1954 il quitte le COL pour rejoindre le secteur des HLM. Il fonde le « Clair Logis d’Aquitaine » et en devient le Directeur. Avec plusieurs Castors, il poursuit les démarches qui aboutiront à la transformation du contrat qui liait le C.O.L. à la Caisse des Dépôts et Consignations pour que chaque Castor accède à la pleine propriété de sa parcelle et de sa maison.

En apprenant son décès en mai 1993, l’un de nous déclara simplement : « Pierre, on peut lui dire merci »




  Daniel Bancon (1921 - 1998)

A l’orée d¹une aventure totalement insensée pour beaucoup de gens raisonnables, ils étaient trois : Etienne Damoran, Daniel Bancon et Pierre Merle. Ils ont réussi « en cette période mystique », avec leur idéal, leurs tempéraments et leurs compétences à entraîner, dans l’euphorie, une centaine de travailleurs mal logés ou en quête d’un logement.
Daniel Bancon, appartenait, comme son épouse à la ville de Bègles dont la devise latine traduite en français magnifie le travail. Apprenti tourneur à la SNCASO à Bègles-Tartifume, il est requis, en 1942, pour le STO en Allemagne. Une épreuve riche de rencontres et
d’enseignements. Lors de son retour en 1945, il est professeur d’enseignement technique,
délégué syndical CFTC, administrateur à la sécurité sociale, conseiller municipal à Pessac, membre du conseil du COL et responsable technique. Daniel apporte aussi ses compétences lors de la rénovation du réseau d’assainissement à la tête de la Commission Technique de l’Association Syndicale des Castors :
« Nous ne le réussirons que si cela se fait de façon communautaire, comme la Cité ! » (mars 1994).
Dans ses ouvrages « L’histoire des Castors de l’Alouette » et « Les clefs de la ville », Daniel retrace les aspects connus et méconnus de la vie de la commune et la difficulté d’être un militant. « Notre force pour réussir a été avant tout une formidable amitié ».
Daniel nous a quittés à la fin de l¹année 1998, celle du 50ème Anniversaire de la Cité.



   Roger Blanc (Né à Bordeaux le 9 février 1923)

 


Après un certificat d'Etudes et un BEPC, Roger rentre à la Caisse d'Epargne le 30 octobre 1941... C'est la guerre, l'occupation… En 1943 adhésion à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (alors interdite), rencontre avec Pierre Merle et André Bourdette (futurs Castors). En 1944 requis pour le Service du Travail Obligatoire en Allemagne d'où il s'évade avec deux compagnons. A la fin de la guerre retour enfin à Bordeaux où il retrouve son poste à la Caisse d'Epargne. En 1946 il rencontre Etienne Damoran, est de nouveau en contact avec Pierre Merle et adhère à la C.F.T.C.

En 1948 il fait tout naturellement partie de ce groupe qui veut construire "de petites maisons", participe à la création du Comité Ouvrier du Logement de Bordeaux et au débroussaillage du terrain de Pessac qui va accueillir la première Cité Castor.

A partir de ce jour-là il entame une longue période de plus de cinquante ans au cours de laquelle il aura toujours une responsabilité dans la vie des Castors : Sur le chantier, collecteur de fonds pour le secteur de Bègles, responsable de l'état mensuel "des heures d'apport-travail"… En 1951 élu au Conseil d'Administration du C.O.L. il en est le secrétaire. En 1952 participe à la création de la Coopérative de Gestion de la Cité des

Castors (de Pessac) dont il sera administrateur, président de 1954 à 1967 et

secrétaire jusqu'en 1979.

En 1953 il participe à la création de la mutuelle des Castors : la Société Mutualiste du Logement Familial, dont il sera président de 1953 à 1979. Parallèlement il est un militant syndical actif, secrétaire puis président de la CFTC puis C.F.D.T. de la Caisse d'Epargne, président de la Fédération des retraités de la Caisse d'épargne pour l'Aquitaine, membre du conseil paroissial de Saint-Jean-Marie-Vianney....

En 1999/2000 il orchestre, la rédaction et l'adoption des nouveaux statuts de l'Association Syndicale Libre des Propriétaires de la Cité des Castors de Pessac et contribue à la constitution du Fonds Mémoire des Castors.

Aujourd'hui encore, les avis et les conseils de Roger Blanc restent des éléments importants dans la réflexion de ceux qui gèrent la Cité.




   Jean-Marie Aniotsbéhère (1912 - 1975)

Jean-Marie est né à Pau, il est d’une famille de Sarre, province du Labour. Ses ancêtres ont émigré en Amérique (du Sud et du Nord). Il rejoint Bordeaux à l’âge de 20 ans, puis l’école d’horticulture d’Angers. Il reçoit la médaille d’argent de cet établissement en 1932 et 1933, celle de Dinan en 1933. Il est nommé contremaître-jardinier de la ville de Bordeaux et attaché au Comité Interprofessionnel du Logement pour les espaces verts de cet organisme.
En 1948, il rejoint le Comité Ouvrier du Logement qui va mettre en chantier la Cité des Castors. Il sera d’ailleurs administrateur de cette coopérative d’HLM, ainsi que de la Coopérative de Gestion de la Cité des Castors de 1952 à 1975, année de son décès.
Il met en chantier la « Pépinière » où seront plantés des centaines d’arbres d’ornement pour les voies de la Cité et des centaines d’arbres fruitiers à l’intention des futurs habitants. Il prodigue ses conseils dans le bulletin des Castors et dans les publications de l’Union Nationale des Castors et de la Fédération Nationale des Coopératives Ouvrières. La compétence, la serviabilité et la gentillesse de Jean-Marie ont marqué tous ceux qui l’ont connu.

     « Soyez fiers d’appartenir à une Cité aux avenues plantées d’arbres ! »
                                                                                                      J-M A.


En 1998, à l’occasion du 50ème anniversaire de la Cité, l’Association Syndicale, présidée par Françoise Boyé, décida de donner son nom au « P’tit bois » situé dans la boucle de l’avenue Pierre Cérésole.


Genèse


Comité Ouvrier du Logement (COL)


Quelques chiffres


Les 150 couples de bâtisseurs.


Grands Acteurs 


Noms des rues

La Cité des Castors de Pessac-Alouette
Gironde

e

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